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Till Death Do Us Part

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les avis de Cinemasie

6 critiques: 4.04/5

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19 critiques: 3.92/5



drélium 2 Boycott massif
jeffy 4.5 Un film qui laisse des traces
Junta 4.5 « Peut-être que dans un divorce, il n’y a aucun gagnant. »
Alain 5 A voir absolument
François 4.5 Un grand mélodrame magnifiquement réalisé par Daniel Lee. Laissez vous emporter
Ordell Robbie 3.75 Beau film sur le divorce malgré quelques travers clinquants.
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Boycott massif

Loin de moi l'idée de jouer le cowboy de service (ohoho) et inutile de dénigrer le talent de Daniel Lee qui offre une réalisation technique sensible et maîtrisée, inutile de pester contre les acteurs impeccables et la prestation d'Anita Yuen en particulier complètement habitée, mais le fait est que yé né pas du tout apprécier ce conte que tout le monde semble trouver loin du cynisme et de la caricature alors qu'il est à mon sens en plein dedans. Il suffit pour cela d'évoquer une scène, la scène qui en fait trop : la visite de l'inspectrice. Oui je suis un rêveur et un optimiste et cela agit certainement en partie sur mon jugement mais ce genre d'histoire où tout s'acharne comme par miracle pour aboutir au pire est pour moi le summum du cynisme caricatural et forcé qui vise à extirper les larmes par les moyens les plus bas. Le titre annonce à lui seul que ce film ne finit pas bien et il suffit de connaître un tant soit peu le ciné HK pour anticiper avec dégoût ce qui va arriver dans Till Death do us part. La petite Bo Bo, innocente et naïve, subit une suite d'évènements fortement improbables qui passent apparemment pour un réalisme qui me révulse tant il s'attaque aisément à l'innocence. SPOILER Bien que tête en l'air et un peu dans les vaps, Bo Bo est une bonne mère douce, attentive et seule responsable de l'éducation de son enfant, et voilà que les jours qui suivent son divorce hyper brutal, l'administration vient vérifier ses aptitudes à l'élever, elle passe une nuit blanche à stresser et foire tout ce qu'elle avait méthodiquement préparé allant même jusqu'à se montrer violente avec son bébé d'amour. Outre le fait que l'odeur du ciné HK aura déjà fait deviner depuis longtemps le pire à venir, l'amante opposée à Bo Bo se trouve être la parfaite caricature du serpent insensible, le parfait opposé de la douce Bo Bo, posée comme par hasard pour lui en faire baver un maximum, alors que son mari se désintéresse évidemment de la question et que l'avocat conciliant ne fait qu'ajouter à la frustration de l'inaction. A partir de là, l'espoir est rayé de la carte, il n'y a plus qu'une descente aux enfers malsaine dont le réalisme sensible devrait m'apitoyer sur son sort, elle, pauvre rêveuse et mieux encore, me faire pleurer. Surement pas, jamais de la vie !! SPOILER.

En bref, Till death do us part, c'est bien réalisé (mais ce n'est pas du Wong Kar Wai non plus et même assez téléfilm par moments il est vrai), bien interprété, mais c'est définitivement trop facile, trop larmoyant, trop exagéré et surtout beaucoup trop gros sabots pour me faire pleurer... Til death do us part n'est même pas un film sur le divorce, c'est juste un acharnement malsain sur une jeune femme choisie pour s'en prendre plein la tête. Bref, yé né pas aimé du tout et je reste courtois avec la note. Tiens, et puis non finalement. :p

22 août 2005
par drélium




Un film qui laisse des traces

Un film quai parfait, mais ce qui m'étonne le plus c'est la maitrise formelle de Daniel Lee qui sait nous faire entrer dans la psychologie de chaque personnage sans qu'à aucun instant ce ne soit voyeur ou démonstratif ou au contraire froid et cynique. Simplement la description de l'enchainement inéluctable de ce qui était en germe et ne pouvait qu'advenir. Maitrise aussi en ce qui concerne l'uilisation de la bande son omniprésente. Du grand cinéma admirablement servi par un trio d'acteurs au sommet de leur performance. Anita Yuen est une véritable actrice qui donne corps à son personnage et exprime par sa seule présence toute la douleur et la fragilité de la femme abandonnée. Coté masculin, Alex Fong est d'une grande sobrièté et pourtant émouvant. Quant à Francis Ng son interprétation loin de ses personnages habituels est impressionnante et démontre une fois de plus qu'il est un des acteurs majeurs du cinéma HK.

28 juin 2003
par jeffy




« Peut-être que dans un divorce, il n’y a aucun gagnant. »

Pour son 3ème film, Daniel LEE Yan-Kong réalise un drame (après un comic-book et un Wu Xia Pian) et comme ses autres productions, il est très réussi.

Les acteurs sont parfaits : Anita YUEN Wing-Yee contre qui le sort s’acharne et qui voit sa vie s’écrouler du jour au lendemain est émouvante. Elle subit le destin sans pouvoir rien faire. Alex FONG Chung-Sun est également très bon, on comprend bien le choix difficile qu’il a à faire ( rester avec sa femme qu’il n’aime plus pour ne pas détruire sa famille ou recommencer une nouvelle vie avec la femme qu’il aime désormais), mais son choix n’a peut-être pas été fait au bon moment (le jour de son anniversaire). Francis NG Chun-Yu en avocat apporte une petite touche d’espoir, une bouffée d’air frais dans un film noir et sombre. Et la petite est toute mimi, elle ne comprend pas tous les enjeux qui gravitaient autour d’elle et l’intérêt qu’elle suscite.

La réalisation est très bonne, sans concession. Certaines idées visuelles sont très inventives : Anita Yuen dessine des bandes-dessinées dans le film pour gagner sa vie, et l’on voit en image sa pensée sous forme d’un conte d’enfant, d’ailleurs qu’elle raconte à sa fille et qui l’inspire également dans ses planches. Ces passages nous informent sur l’évolution de sa « santé morale/mentale » si je peux dire. La seule scène d’action est bien faîte et la musique lors de cette séquence est originale. Tout le reste est bien mis en image. L’ambiance y est oppressante et la descente aux enfers d’Anita Yuen fait froid dans le dos. Pendant tout le long métrage on espère qu’elle va remonter la pente, s’en sortir mais chaque nouvelle épreuve pour elle se solde par un échec.

Un divorce est très dur à vivre, que se soit pour les parents (la fin ou la perte d’un amour qui devait durer une vie) ou pour les enfants qui voient ces derniers s’entredéchirer sans forcement tout comprendre.

Ce film est magnifique, émouvant, tout en pudeur, il n’y a aucun voyeurisme de la part du réalisateur. Il veut seulement nous montrer un drame social, quotidien, qui se passe rarement bien et qui peut toucher les personnes impliquées au plus profond d’elles même, jusqu’à bouleverser leur vie. Il faut que vous voyiez ce film pour comprendre ce que peut-être un divorce lorsqu’il n’est voulu que dans un sens (surtout qu’ici l’autre personne ne s’attend à rien).

Pour terminer je reprendrais ma phrase de départ qui est dîtes par Francis Ng au cour du film : « peut-être que dans un divorce il n’y a aucun gagnant », il y en a un sur le plan juridique, mais sur le plan humain ?…



14 octobre 2001
par Junta




A voir absolument

Daniel Lee avait déjà osé faire un wu-xia pan "différent" avec son sublime "What price survival", il s'attaque maintenant au thème du divorce avec un traitement magistral enfonçant tous les téléfilms de merde sur le même sujet. D'abord au niveau de la réalisation, on reconnaît bien la patte de Daniel Lee avec cette réalisation audacieuse et hyper-stylisée qui enrobe le drame de manière toute à fait inédite. Ensuite il évite le mélo ou le social pour plutôt montrer la descente aux enfers inéxorable d'une Anita Yuen toute simplement étonnante dans ce rôle. En effet rien ne viendra la sauver et Daniel Lee enfonce le clou en lui donnant une part de responsabilité ce qui évite d'en faire une victime innocente. Un film sombre et dur qui ne s'oublie pas de sitôt...

07 octobre 2001
par Alain




Un grand mélodrame magnifiquement réalisé par Daniel Lee. Laissez vous emporter

Un  beau marriage...Tout d'abord, si vous n'avez pas vu le film, je vous conseille de simplement lire les deux premiers et les deux derniers paragraphes, le reste parle un peu trop du film, cela risquerait de vous gâcher la vision.

Difficile de dire qu'on aime ce film. Ce n'est pas le genre de film que vous re-regarderez pour vous faire plaisir, ou même pour vous taper un bon mélo. Car dans les bons mélos, il y a toujours une belle morale, quelque chose à sauver. Prenez C'est la Vie Mon Chérie avec la même Anita Yuen. Je ne vais pas vous raconter la fin, mais c'est l'histoire d'un musicien qui reprend goût à la vie au contact d'une jeune femme (Anita bien sûr), avant que celle-ci ne souffre d'une leucémie. Le film se termine avec une belle phrase censée montrer aux spectateurs en larmes qu'il y a quelque chose à retirer de tout ça. Je ne critique pas cela, C'est la vie Mon Chéri est un film exceptionnel, probablement beaucoup moins sentimentaliste et forcé que 99% des mélos. Mais prendre cet exemple me permet d'avoir un point de comparaison pour parler de Till Death Do Us Part.

Un bébé...Ici, pas de belle morale, pas de but sinon celui de raconter une histoire. Et c'est une histoire cruelle, mais qui pourrait arriver. Et pour enfoncer un peu plus le clou, Bo-Bo ne peut pas vraiment désigner de coupable pour ses malheurs, sinon essentiellement elle-même. Bien sûr, son mari l'a trompée, et il la quitte. Mais Bo-Bo vit dans un conte de fée, et ne parvient jamais à revenir dans la réalité. Les couples qui se séparent sont très nombreux de nos jours, et même si cela ne se passe pas toujours bien, certaines personnes acceptent à la longue la séparation, ce que Bo-Bo ne fait jamais. Il n'y a donc rien à sauver, personne n'est blanc ou noir dans ce film, il s'agit simplement d'une situation qui peut arriver à n'importe qui et que l'on doit savoir affronter. Malheureusement, Bo-Bo n'y parvient pas et il n'y a rien d'autre à faire pour le spectateur que de la suivre dans sa descente aux enfers. On aurait pu appeler le film C'est la Vie Ma Chérie. Ce que Bo-Bo ne réussira jamais à comprendre.

Un mari infidèle...Je ne vais pas non plus me faire l'avocat de son mari qui la trompe et la quitte, mais comment voulez-vous le blâmer ? Ou blâmer sa maîtresse ? Vous ne pourrez pas désigner de responsable pour les malheurs de Bo-Bo alors que n'importe qui (à moins d'être le pire des sadiques) aimerait trouver une échappatoire pour elle. On pense à l'avocat (Francis Ng), qui est l'Homme tel que Bo-Bo le voyait: marié, aimant sa femme malgré que celle-ci soit dans le coma depuis des années, l'homme romantique et aimant qu'elle croyait avoir épousé. On sent arriver une histoire entre eux, un coup fatal du style "Bo-Bo reprend goût à la vie avec l'avocat jusqu'au jour où sa femme sort du coma et il revient avec elle", mais c'est une ficelle un peu grosse et facile pour ce film. On comprend vite que même si Francis tente d'aider Bo-Bo, il ne peut malheureusement pas la sauver d'elle-même. Son mari sait bien qu'il ne peut rien faire pour elle, et le suicide de sa meilleure amie la laisse un peu plus isolée dans son monde. Pas de coupable, pas de belle morale, ce n'est pas un film pour les fans de mélo sirupeux. On peut sortir d'un film en pleurant mais en se disant, la vie a été cruelle avec eux, ce n'était pas de leur faute, ils ont été courageux tout de même, c'est beau la vie/l'amour/les vaches... Ici vous risquez plutôt de pleurer point barre, et ça fait mal.

Une séparation...Comme dans tout bon mélo qui se respecte, on trouve Anita Yuen en tête d'affiche. Les anti diront "Encore elle !" et la trouveront toujours aussi mauvaise, les pros diront "Chouette !", et que personne ne peut la remplacer. Inutile de continuer à discuter du premier groupe de personnes, ils ne sont pas obligés de regarder le film. Considérons donc l'axiome: Anita Yuen est fabuleuse. En partant sur cette base, on assiste à une nouvelle démonstration de sa part, débutant comme dans He is a woman, she is a man ou C'est la vie mon chéri, Bo-Bo est joyeuse, Bo-Bo est la joie de vivre. Le registre classique. Puis à l'annonce du départ de son mari, la spirale infernale commence et Bo-Bo voit son monde imaginaire exploser. Comme elle tente d'en recoller les morceaux plutôt que d'aller de l'avant, la situation empire. Donc Anita change progressivement de registre pour laisser son personnage sombrer dans la déprime et l'isolement. Une nouvelle perfomance de choix de sa part. En face d'elle, Alex Fong hérite d'un rôle plus froid, qui ne lui laisse pas l'occasion de d'exprimer. Il est l'opposé de Bo-Bo, calme et renfermé, et malheureusement n'a pas grand chose à faire pour l'aider. Continuous avec le toujours exxxxcellent Francis Ng, qui est parfait dans n'importe quel rôle, et remplit bien son rôle. Le reste du casting est correct, mais n'a pas grande importante, le film est centré sur Bo-Bo.

Après le terrible scénario et l'interprétation portée par Anita, passons à la réalisation, autre point fort du film. Revenons un instant à C'est la vie mon chéri, réalisé par le producteur de ce film, Derek Yee. Yee laisse la part belle aux acteurs, et signe une réalisation discrète et efficace, comme dans la plupart des mélos. Ici, Daniel Lee participe très activement au film en signant une réalisation qui parfois se lance dans des scènes fabuleuses où son sens de l'image et du mouvement fait merveille. Daniel est un des rares réalisateurs qui puissent transcender son matériau en y apportant sa touche visuelle. A ce titre, peu de réalisateurs à Hong-Kong peuvent rivaliser avec lui, et pour moi seuls Wong Kar-Waiet Tsui Hark, voire Patrick Yau naviguent dans les mêmes hauteurs (et John Woo, mais peut-on encore le considérer comme un réalisateur de Hong-Kong ?). Ici, entre les rêves de conte de fée de Anita, les scènes de passion entre le mari et la maîtresse, ainsi que le final, Daniel pousse quelques fois sur l'accélérateur pour faire s'envoler son film. Il a fait de même dans Moonlight Express, mais le film est bien plus convenu et commercial que celui-ci. Ici, Daniel a pu s'exprimer en toute liberté, et le film porte assurément sa signature. Il en a d'ailleurs co-écrit le scénario. C'est donc SON film, bien plus que Moonlight. La photo est également très soignée, avec l'utilisation de filtres de couleur, classique chez Lee.

Il s'appuie également beaucoup sur la musique, écrite par Henry Lai qu'on retrouvera dans Moonlight Express. Ici la musique se partage entre morceaux joyeux parfois utilisés sur des scènes dramatiques, quelque chansons rock un peu à l'ancienne (j'adore) et des morceaux plus lyriques comme le chant d'opéra. Lee sait utiliser sa musique de façon très efficace comme le montre l'utilisation du chant lors de la scène final, véritable coup de poignard au coeur pour le spectateur sensible. Du grand art.

Francis NgBien bien bien, si vous avez lu cette critique jusqu'au bout, félicitations, ce n'est pas vraiment un modèle de concision... Il faut peut-être que je précise, si cela n'était pas assez clair dans ma critique, que j'adore Daniel Lee (qui signe ici assurément son meilleur film) et Anita Yuen (de même...), ce qui peut biaiser un peu ma critique. Si vous ne vous laissez pas emporter par le jeu d'Anita ni part les ballets visuels de Daniel, évidemment le film vous laissera moins éprouvé que j'ai pu l'être. Mais si vous vous sentez dans le même état d'esprit que moi, n'hésitez pas à tenter de vous procurez ce film très dur, qui trottera dans votre tête un petit moment après l'avoir vu... Enfin un drame sérieux et réaliste, rempli de qualités et qui mérite mieux que son quasi anonymat.



22 octobre 2000
par François


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